Notre équipe

Françoise Osteaux

Françoise Osteaux

Romaniste de formation, j’ai enseigné avec une réelle passion la langue et la littérature françaises pendant près de vingt ans, dans l’enseignement secondaire supérieur (Ville de Bruxelles) et à l’université (ULB). C’est ensuite le hasard qui m’a fait changer de chemin : une collègue m’a proposé de l'aider à ouvrir une librairie. Une manière pour moi d’apprivoiser les livres autrement, d’en parler non plus à des élèves mais à des clients potentiels… Enthousiaste, j’ai donc accepté la proposition. Lorsque l’aventure s’est arrêtée, plusieurs personnes m’ont dit : Tu parles de bouquins à longueur de journée, pourquoi ne pas y participer ? Et ce qui, quelque temps auparavant, m’aurait semblé inconcevable, s’est peu à peu mis en place : on m’a demandé de relire des textes, j’ai joué les conseillers littéraires pour une maison d’édition puis, d’expérience en expérience, de client en client, j’en suis venue à ne plus faire que cela à plein temps, comme indépendante.

Outre mon travail dans le domaine de l’édition, j’ai assuré des années durant le poste de rédactrice en chef du magazine Arte news, un mensuel belge consacré à l’actualité des arts : il s’agissait d’en coordonner les sommaires, animer l’équipe éditoriale et chapeauter la rédaction des articles. Je participais aussi à la conception d’expositions temporaires – au Cinquantenaire, au Botanique ou encore à la Porte de Hal.

Des témoignages souvent riches et chargés d’émotion

Chez Clepsydre, parmi les témoignages que j’ai recueillis, deux m’ont particulièrement touchée, ceux de personnes juives qui avaient été des enfants cachés pendant la guerre. Mais si leur expérience avait des points communs, leur histoire et leur réflexion n’avaient rien de similaire. La première était une dame réservée, absolument convaincue que ce qu’elle avait à raconter n’intéressait personne. C’est son entourage qui l’avait persuadée de faire le livre, mais elle est restée sceptique pendant toute la durée du travail. Et elle avait toutes les peines du monde à se confier. Quelquefois, de ces points de suspension, j’ai pu rédiger une page d’émotions, dire sa peur ou les sensations indicibles qu’elle éprouvait au rappel de ses souvenirs. La vraie récompense a ensuite été qu’elle me déclare : Je ne vous avais rien dit, mais vous avez tout compris ! Un joli moment… Le second était un intellectuel érudit, qui avait étudié la Shoah sous ses aspects historiques, philosophiques, religieux… Lui m’a confié que, sans le livre, il ne se serait jamais autorisé à avouer qu’il avait eu peur. Cela avait été pour lui une sorte de catharsis.

Quoi qu’il en soit, l’expérience est riche. Pour ceux qui la racontent, mais aussi pour moi, qui découvre de la fragilité derrière la carapace du savoir et de l’érudition. Entendre – et pas seulement écouter – de tels récits fait entrevoir son petit monde d’un autre œil. Mais tous les témoignages ne sont pas de cet ordre. Ceux qui marquent sont le fait de personnes qui, soit ont un sens critique aiguisé, soit s’autorisent à être sincères, à laisser tomber les masques. Quand ce n’est pas le cas, l’expérience se limite à un exercice de style, à de la pure technique. L’occasion pour moi de manipuler le matériau qui m’importe : le langage. Si j’étais un vrai écrivain, je le ferais sans ces témoignages. Ce n’est pas le cas : j’ai besoin d’un incitant. En fait, répondre à une commande est un prétexte à écrire. Et quand je me trouve face aux mots, c’est du pur bonheur !

Michel Cordier

Michel Cordier

En tout début de carrière, après un an d’études aux USA et une licence en Sciences économiques à l’Université libre de Bruxelles, je travaille dans deux PME où j’apprends à connaître plusieurs facettes du monde de l’entreprise : administration, comptabilité, recrutement de personnel, foires commerciales, service après-vente, management. Et en 1995, je lance les Editions Clepsydre. Entre ces deux périodes, j’ai exercé quelques missions d’audit dans une plus grande entreprise et surtout – pendant quinze ans – des fonctions de marketing, au sein de quatre sociétés successives, la plupart filiales de multinationales, dans des secteurs assez variés.

Août 2008. Sur ma table de travail, depuis quelque temps, trois mots sont inscrits en lettres capitales. Ils sont censés me guider dans toute nouvelle initiative : SENS, CREATIVITE, AVENIR. Ce même mois, une lecture de vacances me fait découvrir les classes orchestres au Venezuela et en France. La musique utilisée comme levier pour lutter contre le décrochage scolaire et “sauver des jeunes”. Quel beau programme ! La musique, je connais (un peu). Lancer de nouveaux projets, j’adore. Et si, cette fois, c’était pour travailler au progrès de l’humanité ? Un an plus tard, grâce à l’asbl ReMuA et au soutien de partenaires tant privés que publics, les « Orchestres à l’école » arriveront en Belgique.

Et Clepsydre ?

En 1993 – j’étais alors marketing manager dans la filiale belge d’une multinationale américaine –, ma femme et moi accompagnons nos enfants interviewant leurs grands-parents pour écrire l'histoire de leur vie. L’année suivante – alors à la recherche d’un projet d’entreprise –, l'idée me vient d'aider d'autres familles à rassembler leurs souvenirs et à les coucher sur papier. «Génial !», disent certains. «Tu vas vraiment te lancer là-dedans ?», me demandent d’autres, plus prudents, voire inquiets.

Après quatre mois de préparation avec l’aide de quelques proches – et un voyage à Paris pour rencontrer deux jeunes Français qui viennent de lancer un projet en tous points comparables –, naissent les Editions Clepsydre. Notre premier livre (un prototype) sort fin décembre 1994. Le 21 février, un premier client nous fait confiance. Le lendemain, un second… C’est parti ! En parallèle, l’équipe prend forme.

A l’origine, nous nous étions dit que la mission de Clepsydre était de « donner du plaisir à ses clients en leur offrant la possibilité de réaliser un rêve : celui de laisser une trace de leur vie et de leur époque, et de la partager avec leur famille et leurs amis ». Entre-temps, le concept et l’équipe ont évolué, le type de livres publiés aussi, la palette de services s’est élargie, mais la mission d’origine demeure.

Dans tous les cas, écrire un livre est toujours une aventure. Et partager les aventures – toutes singulières – de nos clients est un plaisir renouvelé.

Béatrice Demol

Béatrice Demol

Dès son entrée, Béatrice Demol a apporté le vent frais (une écriture rapide et enlevée) que l’équipe des Editions Clepsydre recherchait. Avec en plus : une belle écoute (même au-delà du non-dit), toute la rigueur nécessaire et un bel art de la mise en scène.

L’écriture ? Mon micro, mon ampli, un fragment du miroir du monde

Journaliste de formation et surtout de passion, j’ai couvert à peu près tous les domaines – politique nationale et internationale, culture, société... – et me suis frottée à tous les genres journalistiques – portrait, enquête, reportage, interview, billet... Je n’ai pas le sentiment de pratiquer un métier, je le vis, je suis journaliste. Ce travail de découverte, de compréhension et de transmission relève de ma mission sur terre, quelque chose de très personnel. Dès mon plus jeune âge, je sentais que l’écriture serait à la fois mon micro et mon ampli, le prolongement naturel de mes idées et de mes émotions, et surtout un petit fragment du miroir du monde.

À douze ans, à ma mère qui regardait à la télé la montée des marches du Festival de Cannes, j’ai dit : « Un jour, je serai là et je réaliserai les interviews. » J’ai couvert ce festival et le monde du cinéma pendant vingt ans pour un hebdomadaire d’informations générales. À seize ans, chargeant des sacs de riz sur les camions que les plus grands allaient conduire au Bengladesh, j’ai pensé : « Un jour j’irai sur place et je témoignerai. » Depuis des années, je traite des matières liées au développement et aux relations Nord-Sud. Toujours, j’ai aimé le voyage. Si je suis sur la terre, c’est pour la découvrir sous toutes ses coutures... Je couvre désormais le tourisme pour plusieurs médias.

À la rencontre de l’autre – et de soi-même

Toutes ces activités, cette passion du terrain – qu’il s’agisse d’un désert du bout du monde ou du salon de l’interviewé – tournent autour d’un mot-clé : la rencontre. Elle résume mon triangle journalistique : recherche, compréhension, transmission. Rencontre avec ceux qui sont le sujet de mon investigation. Rencontre avec moi-même lorsque je cherche à comprendre puis à traduire ce que j’ai vécu et partagé. Rencontre, enfin, avec le lecteur qui est le réceptacle de mon engagement, à qui je transmets un message, subliminal sans doute, pas toujours conscient, mais que je sens à travers les mots, les descriptions, les témoignages.

Autre mot-clé : témoignage. J’ai rencontré des stars, des princes et une foule d’anonymes. Tous, et pas toujours ceux qu’on pense, avaient quelque chose à transmettre. Pour tous, j’ai joué le rôle du témoin. Autant j’ai un immense plaisir à lire de la fiction, autant je dois me nourrir de la réalité – d’une réalité – pour écrire. L‘écriture est alors directement reliée à mon cortex et à mon âme – ou à mon cœur, peu importe comment on appelle cet impalpable filtre de nos vies.

Chez Clepsydre, je trouve une autre occasion d’assouvir ma passion de la rencontre. J’apprends toujours quelque chose de mes interlocuteurs et j’aime cet entrelacs de faits historiques et d’émotions intimes, la petite histoire qui nourrit ou révèle l’autre, avec un grand H. L’exercice requis m’impose plus qu’ailleurs la rigueur de la transmission et du respect de la pensée – puisque l’acteur est ici le premier lecteur. Le travail lance aussi le défi de bien mettre en scène – voire de rendre exceptionnelles ? – des vies parfois anodines. L’écriture devient alors un véritable outil, qui sert à combler les vides – pudiques ou réels, cela arrive. L’exercice n’est jamais vain. Car chacun est unique.

Anne Löwenthal

Anne Löwenthal

Comment l’amour pour la langue française peut ouvrir des portes

Mon parcours est assez atypique. Diplômée assistante sociale, rien ne me destinait à la relecture et à la correction, si ce n’est mon amour pour la langue française. C’est ce même amour qui m’a guidée dans un parcours professionnel varié, depuis la création d’une école des devoirs jusqu’à la communication (poste que j’occupe dans une asbl d’éducation permanente) en passant par le journalisme (dans un quotidien régional) ou l’aide aux personnes (écrivain public et création d’un magazine SDF).

Aider à bien raconter des récits de vie avec respect et rigueur

Férue de lecture – principalement de romans – et d’écriture, j’ai toujours cherché à entretenir ces passions, tant dans ma vie privée que dans ma vie professionnelle. Mon activité complémentaire dans ce qu’on appelle les « métiers de l’écriture » m’a menée à la traduction (du néerlandais et de l’espagnol) et à la correction, notamment chez Clepsydre. J’en suis très heureuse car cette maison d’édition est l’une des rares à ouvrir ses portes aux récits de vies et à le faire avec respect et rigueur.

Clepsydre m’offre ainsi l’occasion de vérifier l’une de mes convictions : toutes les histoires sont belles si elles sont bien racontées. Je suis contente d’y contribuer à ma petite mesure.

Brigitte Lagasse de Locht

Brigitte Lagasse de Locht

Diplômée assistante d’ingénieur, j’ai travaillé comme salariée dans plusieurs sociétés dont la dernière en tant que secrétaire du directeur financier et du directeur du personnel. Lors de la faillite de cette dernière (en 1993), une amie m’a encouragée à travailler comme indépendante, me certifiant qu’au bout d’un an mon horaire serait plus que complet.

Effectivement… Mon ancien employeur m’a reprise comme indépendante pour mettre en page ses manuels techniques. Très vite, une société de relations publiques m’a contactée. Avec elle, j’ai « fait » toute la campagne de la vache folle. Ont suivi un avocat, un médecin, des géomètres,… et un expert immobilier. Ce dernier m’a permis de découvrir Bruxelles sous un autre angle : il a fait de nombreuses études sur la conversion des bureaux en écoles et en logements.

J’ai aussi développé un côté « écrivain public » que j’aime beaucoup : des personnes d’un certain âge, ne sachant utiliser un ordinateur, viennent chez moi pour que je tape leurs lettres ou envoie leurs mails.

Toutes ces histoires sont riches...

Ma rencontre avec Clepsydre date de 2001.J’avais vu sa publicité et ai spontanément envoyé mon CV en proposant mes services. À ma grande joie, j’ai été contactée assez vite. J’aime beaucoup taper les souvenirs de toutes ces personnes, car je vis à travers elles des événements heureux, tragiques … Toutes ces histoires sont riches et m’apportent toujours quelque chose.

Un jour, quelqu’un m’a dit que ce devait être dommage de travailler ainsi, en restant seule toute la journée. Erreur ! Je rencontre souvent mes clients. Je vais également chez eux. Le fait de travailler à la maison m’a permis d’être présente pour mes enfants et aujourd’hui pour mes petits-enfants, notamment quand ils sont malades. Travailler chez soi apporte une importante qualité de vie.

Luce Cadranel

Luce Cadranel

Après une licence en Sciences économiques à l’ULB, la carrière de Luce Cadranel s’est déroulée dans la promotion de services aux entreprises de toutes tailles et sur le plan international. Cela a développé sa capacité d’écoute, aiguisé sa curiosité et l’a confortée dans l’idée que les différences culturelles constituent un véritable enrichissement.

Elle a accompagné Clepsydre à ses tout débuts, et ensuite rejoint l’équipe occasionnellement.

« Mes parents sont nés en Turquie, ils ont vécu leur jeunesse dans l’île de Rhodes et, hasard du sort, n’ont jamais eu l’opportunité de se fixer très longtemps dans un même pays. Ancrés dans le présent, ils ne faisaient pas étalage de leur parcours de vie. Si, quand nous les interrogions, un tableau tantôt pittoresque, tantôt rocambolesque se dressait devant nous, des pans entiers de leur histoire nous échappaient. Avec la contribution de leurs petits-enfants, nous avons pu reconstituer en famille leur histoire. Deux ans plus tard naissaient les éditions Clepsydre… »

Les interviews : des moments privilégiés

« Tout en levant ensemble le voile sur son histoire, nous tissons des liens, l’auteur et moi. Je ris avec lui de ses bêtises d’enfant, je compatis aux souffrances qu’il a connues, je chemine avec lui dans les méandres de ses pensées. Et petit à petit, un passé et une personnalité habillent l’inconnu qu’il était pour moi. Plus tard, alors qu'il m'est devenu si intime, j’essaie de revivre dans le silence de mon bureau ses souvenirs comme s’ils étaient les miens. Mes doigts courent alors sur le clavier et le texte peut enfin prendre forme. Une nouvelle phase commence, celle de la création, excitante, mais il faut veiller à rester fidèle à l’auteur : il s’agit de son livre. »

Laurent Demoulin

Laurent Demoulin

Comment décupler les rencontres intéressantes

Au temps, très lointain, où je refusais de lire autre chose que des bandes dessinées, mon père m’avait dit : « Dans la vie, tu n’auras la possibilité de rencontrer qu’un nombre limité de gens intéressants. Par la lecture, tu décuples ce nombre. » Je repense très souvent à cette remarque, que j’ai déjà répétée à mes propres enfants. Et depuis lors, effectivement, j’ai fait la connaissance de milliers de personnes à travers les livres : romanciers, poètes et personnages imaginaires, que j’ai parfois l’impression de connaître intimement, comme des amis proches.

Mais il m’est arrivé aussi, ce qui est plus étonnant, de rencontrer des hommes et des femmes non plus en lisant, mais en écrivant. Je travaillais alors comme rédacteur chez Clepsydre, avec Michel Cordier et Françoise Osteaux. Pendant cinq ans, j’ai pu pénétrer ainsi dans des univers très différents du mien, sur lesquels je n’avais que des idées préconçues et qui s’avéraient à la fois touchants, intéressants et complexes, en un mot : humains. J’ai ainsi pu recueillir le témoignage de particuliers à la riche expérience, mais aussi d’hommes et de femmes – employés, ouvriers, cadres et chefs d’entreprise – passionnés par leur travail : les uns étaient cimentiers, chaufourniers ou mineurs, les autres brasseurs ou informaticiens... sans parler des créateurs du parc d'attractions Walibi. Et c’était très stimulant d’essayer d’adapter mon style aux nombreuses voix qui me confiaient leur histoire.

Je garde donc un très bon souvenir de ces cinq années passées à travailler chez Clepsydre. Pourquoi n’y suis-je plus à présent, me demanderez-vous ? Parce que l’université de Liège, que j’avais quittée dix ans plus tôt, a souhaité me voir revenir en son sein et que je ne pouvais demeurer sourd à cet appel de l’alma mater.

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